Pâté chinois

Fiche initiée le 29 Mars 2012 par
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Le pâté chinois est un mets traditionnel québécois préparé à partir de bœuf haché, de maïs en grains (ou en crème) et de pommes de terres en purée, ingrédients qui sont répartis dans un plat allant au four par couches superposées dans l’ordre énoncé.

Avec ses origines tantôt britanniques, tantôt françaises, et assurément autochtones, le pâté chinois n’est pas sans rappeler le hachis Parmentier français ou le Shepherd’s pie écossais.

Aspects traditionnels et culturels entourant le pâté chinois

Traditionnellement, on sert le pâté chinois accompagné de ketchup aux tomates ou de marinades. Il s’agit d’un plat maison considéré comme étant réconfortant et familial.

Or, dans les restaurants qui se spécialisent en cuisine du terroir, on n’hésite pas à proposer des versions gastronomiques du pâté chinois.

La Petite Vie

Le pâté chinois a fait l’objet d’une satire continue dans la télésérie québécoise La Petite Vie (1993-1998). La phrase continuelle du personnage de Môman « steak, blé d’Inde, patates » faisant référence aux couches superposées du plat fait maintenant partie des annales québécoises. Elle la répétait afin que sa fille Thérèse, au personnage naïf et niais, puisse, une fois pour toutes, se souvenir de cette recette qu’elle rate systématiquement.

Histoire et origine du pâté chinois

Plusieurs théories existent à propos des origines du pâté chinois. Il semblerait cependant que les vraies origines de ce mets traditionnel québécois nous viennent… du Maine! C’est du moins ce que corroborent certains historiens culinaires.

Originaire du Maine

Le nom « pâté chinois » attribué à ce plat à base de viande hachée est issu de la traduction de « China Pie », un mets typique de la ville de China, dans l’état du Maine aux États-Unis, lui-même originaire d’Angleterre. À ses origines anglaises, le mets était constitué d’agneau plutôt que de bœuf et ne contenait pas de maïs. Pour compléter la trilogie du mets, on utilisait alors le légume qu’on avait sous la main. C’est avec l’immigration des Anglais en Amérique du Nord qu’ils ont introduit le maïs dans la recette, comme il s’agissait d’un « légume » (il s’agit plutôt d’une céréale) facilement disponible dans le terroir.

Si le pâté chinois s’est rendu dans la province québécoise, depuis l’Angleterre, en passant par les États-Unis, c’est grâce à des émigrants de Beauce et du bas St-Laurent qui se sont établis dans le Maine et qui se sont familiarisés avec cette préparation de bœuf haché, de pommes de terre en purée et de maïs. C’est lors de leur retour au Québec qu’ils ont permis au pâté chinois de traverser les frontières, faisant en sorte qu’il soit encore aujourd’hui un mets traditionnel.

Or, bien que cette hypothèse soit la plus tangible de toutes, les chercheurs et historiens n’arrivent toujours à consentir sur la vraie origine de ce plat, bien que le sociologue Jean-Pierre Lemasson ait consacré un livre entier à remonter sa généalogie.

Le pâté chinois a été sacré « Plat national du Québec » par le journal Le Devoir en décembre 2007.

Sources

Deglise, Fabien. « Le noble pâté », dans Le Devoir, 15 décembre 2007.

Folie-Boivin, Émilie. « SOS pâté chinois : passé recherché », dans Le Devoir, 30 octobre 2009.

Lemasson, Jean-Pierre. Le mystère insondable du pâté chinois, Montréal, Amérik Média, 2009

Radio-Canada. L’Épicerie : Pâté chinois. [Page consultée le 29 mars 2012.] http://www.radio-canada.ca/actualite/lepicerie/docArchives/2003/04/18/question-public.html

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