Alimentation de l'enfant: néophobie alimentaire

Fiche initiée le 08 Mars 2012 par
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La néophobie alimentaire est une crainte ressentie face à de nouveaux aliments. C’est la réticence à goûter des mets inconnus et la peur d’en vivre une mauvaise expérience. Environ les trois quart des enfants vivent une période de néophobie entre l’âge de 2 et 10 ans.

La néophobie peut se manifester de plusieurs façons, par exemples :

  • Grimacer
  • Refuser de goûter, repousser l’assiette
  • Recracher ou vomir lorsque forcé d’avaler
  • Trier les aliments dans l’assiette
  • Etc.

Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer la néophobie, dont la phase du non des touts petits, la recherche d’autonomie et la recherche de sécurité.

Atténuer la néophobie

La néophobie exige compréhension et patience. Apprécier les aliments découle d’un processus parfois très long. L’enfant commence par refuser catégoriquement un aliment. Il peut nécessiter plus de 10-15 repas avant d’accepter d’y goûter. Il est donc important de continuer à offrir l’aliment boudé régulièrement afin que l’enfant l’apprivoise. Il se familiarise avec un nouvel aliment en le regardant, en le sentant, en y touchant, et en voyant d’autres personnes en manger. Lorsqu’enfin, il goûte l’aliment, il est possible que l’enfant ne l’aime pas au premier essai. Il ne faut toujours pas baisser les bras. Au contraire, il est recommandé de continuer à offrir cet aliment sur une base régulière.

La manière d’offrir les aliments est d’une importance capitale dans l’acceptation et l’appréciation des aliments. Il est possible d’atténuer la néophobie et de favoriser l’acceptation de nouveaux aliments en adoptant certaines pratiques et attitudes.

Répétitions et contexte positif

L’enfant a tendance à apprécier ce qu’il connaît… et il connaît ce qu’il voit souvent. Puisque l’inconnu suscite la méfiance, il faut miser sur la familiarisation. Les contacts répétés sont essentiels et doivent se dérouler dans un contexte positif. En effet, si les repas se produisent sous le signe des pressions, des supplications, des crises et des affrontements, l’enfant peut difficilement associer le nouvel aliment à une expérience agréable.

Éviter les trop grands changements

Préparer et présenter les aliments moins appréciés toujours de la même façon afin que l’enfant ait un point de repère. Lorsqu’il est visuellement différent, il est perçu comme un aliment différent. Une fois qu’il devient familier, la diversification des méthodes culinaires devient possible.

Montrer l’exemple

L’enfant est progressivement rassuré et apaisé face à certains aliments quand des personnes avec lui en mangent et les apprécient. Ces personnes, qui peuvent être des parents, des amis, des éducatrices ou autres personnes familières, agissent comme modèles. Il est démontré que l’enthousiasme des modèles influence positivement l’acceptation des aliments. Autrement dit, l’enfant est mieux convaincus lorsque le modèle démontre son plaisir à manger et qu’il commente son « expérience » (« Miam, c’est bon ! », « C’est croquant et sucré », etc.)

Faire participer l’enfant

Inviter l’enfant à choisir les aliments qui composent le menu, à faire les achats et à les cuisiner contribue à la familiarisation.

Féliciter

Il est recommandé de gratifier l’enfant pour ses efforts à goûter un nouvel aliment. Ce renforcement positif peut le motiver. Il ne faut toutefois pas mettre de pression ni qu’en aucun cas, l’enfant se sente forcé.

On recommande de résister à la tentation de préparer un repas différent pour un enfant qui n’aime pas un mets, car cela entretient son aversion et le conforte dans sa position. Il convient d’inclure des aliments familiers et appréciés à tous les repas afin que l’enfant puisse se tourner vers eux en cas de dédain. L’exposition répétée, l’influence des modèles et l’absence de pression porteront fruits au fil du temps.

Sources et références

M. Duplessis-Brochu. La néophobie alimentaire. www.nospetitsmangeurs.org

S. Côté. Un enfant sain dans un corps sain, Éditions de l’Homme, 2008

N. Rigal. La naissance du goût, 2002.

B. Schaal. L’enfant face aux aliments: d’avant-goûts en préférences en programmations. Archives de pédiatrie, 2009

Naître et grandir. Le développement des sens: le goût. www.naitreetgrandir.net

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