Chocolat et St-Valentin, un parcours historique

Fiche initiée le 04 Février 2013 par
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Même si le duo chocolat et St-Valentin nous apparaît comme l’un des mariages les plus réussis de l’Histoire, il est difficile de remonter aux origines de cette pratique alimentaire qui n’est pas historiquement documentée. On sait toutefois qu’elle prend racine à l’époque victorienne et qu’elle a grandement été popularisée grâce à la mécanisation de l’industrie de la confiserie.

Les origines païennes

Avant d’être une fête chrétienne dont la célébration fut peu à peu abandonnée par le Vatican, la St-Valentin était une fête païenne connue dans l’Antiquité sous le nom de Lupercales. Cette fête était essentiellement consacrée à honorer Faunus, dieu de la forêt, des champs et des pâturages, qui avait le pouvoir de rendre le bétail fertile. Pour cette raison, on a toujours associé cette fête à l’abondance, à la fertilité et à la fécondité.

La St-Valentin des amoureux

Les premières allusions à la St-Valentin en tant que fête de l’amour romantique datent plutôt du haut Moyen-âge, alors que des écrivains comme Geoffrey Chaucer et Charles d’Orléans l’évoquent dans leur poésie pour symboliser les amours qui s’unissent et qui se perpétuent. Au 17e siècle, Shakespeare dépeindra une Ophélie tremblante à l’idée que Hamlet refuse qu’elle soit sa valentine…

Cette tradition littéraire explique en partie le fait que l’on s’échange des cadeaux à la St-Valentin. À l’époque, en lieu et place des présents qui sont d’usage aujourd’hui, les amoureux s’offraient des valentins sur lesquels on écrivait des vers romantiques, une pratique qui a évolué petit à petit vers la production industrielle de cartes de souhaits.

Un nouveau rituel

En occident, on attribue les premières boîtes de chocolats conçues spécialement pour la St-Valentin à Richard Cadbury, qui les auraient manufacturées à la fin du 19e siècle. Les boîtes en forme de cœur vendues par la confiserie Cadbury sont inspirées des boîtes à bonbons de l’époque victorienne, caractérisées par une profusion de détails délicats alliant souvent dentelles et motifs floraux. Et on sait que ces boîtes ont rapidement gagné en popularité. Après avoir fait l’objet d’une critique détaillée dans le New York Times du 4 février 1894, une annonce publicitaire publiée dans l’édition du 12 février 1901 confirme que la boîte de chocolat est un cadeau commun et répandu au tournant du 20e siècle.

Pourquoi mangeons-nous du chocolat à la St-Valentin?

L’hypothèse des alcaloïdes

L’hypothèse la plus probable est que le chocolat a toujours été considéré comme un cadeau précieux. Dans l’Antiquité, on lui attribuait même des propriétés divines ou magiques, comme le fait de conférer force, éternelle jeunesse et puissance sexuelle aux gens qui en consommaient. D’où sa réputation aphrodisiaque…

Dans les faits, le chocolat a vraiment le pouvoir de susciter une certaine excitation, à tout le moins physique, puisqu’il contient une substance stimulante, la théobromine, et une autre substance, la phényléthylamine, qui déclenche la sécrétion d’endorphine. L’effet sur le corps de ces deux substances combinées ressemble à s’y méprendre à celui des émois amoureux.

De plus, la tradition veut que ce soit la plupart du temps l’homme qui offre des cadeaux, et le chocolat a été, de tout temps, le grand favori des femmes. Même, un sondage non scientifique, mené auprès des lecteurs du quotidien français Le Figaro, a conclu que 41 % des femmes considèrent que manger du chocolat leur procure plus de plaisir que faire l’amour. Pas de doute ici : on offre du chocolat pour plaire à l’être aimé, mais aussi pour le mettre dans de bonnes dispositions…

L’hypothèse mercatique

Finalement, notre obsession pour le chocolat à la St-Valentin a aussi été soigneusement entretenue par les publicitaires. Au Japon, l’échange de chocolats lors de la fête des amoureux est parrainé par l’Association Nationale de l’Industrie de la Confiserie. Comme ce sont les femmes qui offrent des chocolats aux hommes selon un rituel très codifié, les confiseurs ont même inventé une fête « réponse », pour que les hommes offrent aussi du chocolat à leur Valentine. Cette fête, célébrée le 14 mars, se nomme Jour blanc, parce que le chocolat qui offert aux femmes est… blanc.

Au Canada, on ne compte plus les produits qui apparaissent sur les tablettes à l’aube de la fête. On estime qu’au moins 80% des Canadiens célèbrent la St-Valentin et une bonne proportion d’entre eux, soit environ 60%, vont consacrer un peu plus de 100$ à leurs achats en vue de la fête. En 2011, les ventes de chocolats de St-Valentin s’élevaient à plus de 2,6 milliards de dollars, soit l’équivalent de 26,5 millions de kilos de chocolat. Il y a donc tout lieu de croire que le lien entre chocolat et St-Valentin relève aussi d’une certaine construction sociale. En participant à l’échange de douceurs et de Valentins, le consommateur moyen s’assure aussi de maintenir une activité économique importante pour la survie du commerce au détail.

Il n’est toutefois pas nécessaire d’être en couple pour profiter de l’aspect gourmand de la St-Valentin: au moins 10 % des boîtes de chocolats vendues à la St-Valentin sont destinées au plaisir solitaire.

Sources et références

Wikipedia. Valentine’s Day, [En ligne]. http://en.wikipedia.org/wiki/Valentine’s_Day (Page consultée le 24 janvier 2013).

Food Timeline. Valentine’s Day candies, [En ligne]. http://www.foodtimeline.org/valentines.html (Page consultée le 25 janvier 2013).

Le Figaro Madame. Les résultats du grand sondage Salon du chocolat, [En ligne]. http://madame.lefigaro.fr/art-de-vivre/les-resultats-du-grand-sondage-salon-du-chocolat-101008-3755 (Page consultée le 25 janvier 2013).

Western Libraries (UWO). Valentine’s Day: A Business Perspective, [En ligne]. http://www.lib.uwo.ca/programs/generalbusiness/VDay.html (Page consultée le 1er février 2013).

Western Libraries (UWO). Valentine’s Day 2012, [En ligne]. http://www.lib.uwo.ca/news/business/2012/02/08/valentinesday2012.html (Page consultée le 1er février 2013).

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