Alimentation préventive

Fiche initiée le 01 Février 2012 par
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Le cancer, ce fléau du 21e siècle. Dans plusieurs pays occidentaux, le cancer s’est hissé au sommet des maladies mortelles. Au Canada, même si les nouveaux cas et les décès dus au cancer ont légèrement diminué au cours de la dernière décennie, la situation demeure préoccupante. Au Québec, en 2011 seulement, plus de 46 000 diagnostics de cancer (177 800 au Canada) ont été prononcés et le cancer a réclamé quelque 20 100 vies (74 100 au Canada).

Or, les études démontrent clairement une corrélation entre de mauvaises habitudes de vie, dont une alimentation pauvre en nutriments issus de végétaux, et les risques d’être atteint de maladies dégénératives, tel que le cancer.

Statistiques : cas de cancer

Le cancer touche davantage les hommes (52 % des cas, contre 48 % pour les femmes), mais il est à noter que cet écart diminue au fil des ans. Globalement, au Canada, 1 Canadien sur 4 risque de mourir des suites d’un cancer.

Ce tableau récapitulatif résume l’état de santé préoccupant des Canadiens et leur prévalence à développer une forme de cancer au cours de leur vie.

Estimation des risques au cours d’une vie

Femmes

Hommes

Risque d’être atteint d’un cancer

40 %

45 %

Risque de mourir d’un cancer

1 sur 4

1 sur

Alimentation préventiveAvec une population vieillissante et la croissance démographique qui va bon train, il y a fort à parier que le cancer ne cessera pas de sévir de si tôt, même si le cancer peut frapper à tout âge. Bien que 88 % des nouveaux cas de cancer soient diagnostiqués chez les personnes âgées de 50 ans et plus, les mauvaises habitudes de vie des Canadiens et Québécois ne feront que noircir le portrait de la progression du cancer au pays. Au cœur de ces mauvaises habitudes de vie, on accuse l’alimentation, largement détériorée par l’abus d’aliments raffinés et transformés industriellement.

Or, des études montrent qu’ironiquement, la consommation de fruits et légumes est à son niveau le plus bas depuis deux décennies, alors que l’abondance de variétés de fruits et légumes frais dans nos épiceries et marchés est, quant à elle, à son comble.

Le cancer selon l’Organisation mondiale de la santé

À l’échelle planétaire, 760 millions de personnes sont décédées des suites d’un cancer en 2008, selon les données les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De ce nombre, les cas sont répertoriés à forte majorité en Occident. Or, selon l’organisation, 30 % de l’ensemble des cancers sont évitables. Outre le tabagisme comme facteur évitable, l’OMS pointe du doigt l’alimentation en préconisant de saines habitudes de vie comme « un moyen important » de lutter contre le cancer.

Recommandations de l’OMS en bref

  • Les régimes alimentaires riches en fruits et en légumes pourraient avoir un effet protecteur contre de nombreux cancers.
  • À l’inverse, une consommation excessive de viande rouge ou en conserve peut être associée à un risque accru de cancer colorectal.
  • La pratique régulière d’un exercice physique (au moins 30 minutes par jour) et le maintien d’un poids santé, associés à un régime alimentaire sain, réduiront considérablement les risques de cancer.
  • La consommation d’alcool est un facteur de risque de nombreux types de cancer et le risque de cancer augmente avec la quantité d’alcool consommée.

L’importance de l’alimentation

Qu’à cela ne tienne, seuls 15 % des cas sont attribuables à des prédispositions héréditaires (certains cancers seulement, comme le cancer colorectal et le cancer du sein par exemple), alors que 30 % des risques sont dus à une alimentation déficiente.

C’est pourquoi de nombreuses recherches et une pluralité d’ouvrages ont vu le jour ces dernières années afin de favoriser de saines habitudes alimentaires pouvant jouer un rôle préventif. Pour maîtriser le concept de l’alimentation contre le cancer, il faut d’abord comprendre certaines règles de base et modifier pour de bon notre façon de s’alimenter.

Caractéristiques du concept

L’idée directrice de ce concept repose sur le fait qu’une alimentation pauvre en fruits et en légumes se traduit par une hausse des risques d’être atteint d’un cancer.

Le rapport d’une consultation d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment conseillé la consommation quotidienne de fruits et légumes à 400 g par jour afin de prévenir les maladies chroniques, dont le cancer.

On évalue les avantages de ces végétaux à leur valeur nutritive et à leurs pigments (composés phytochimiques agissant comme « antioxydants »), indice clé pour faire des choix judicieux.

PIGMENTS

ANTIOXYDANTS

ACTIONS DANS L’ORGANISME

OÙ LES RETROUVER DANS LES LÉGUMES

Rouge

  • Lycopène
  • Anthocyanines
  • Réduction du risque de cancer de la prostate
  • Réduction du risque de dégénération maculaire
  • Réduction du risque de cancer du poumon, de la vessie et de la peau
  • Prévention d’autres types de cancer
  • Amélioration de la santé des vaisseaux sanguins

Canneberge
Cerise
Fraise
Framboise
Goyave
Grenade
Melon d’eau
Pamplemousse rose
Poire rouge
Raisin rouge
Tomate
(et légumes)

Vert

  • Lutéine
  • Indoles
  • Protection contre certains types de cancer
  • Prévention des cataractes et de la dégénérescence maculaire

Avocat
Épinard
Laitue foncée
Bette à carde
Roquette
Cresson
Asperge
Brocoli
Chou de Bruxelles

Orange et jaune

  • Caroténoïdes (béta-carotène, lycopène, lutéine, zéaxanthine)
  • Réduction du risque de plusieurs types de cancers
  • Protection des yeux contre les maladies reliées au vieillissement

Ananas
Cantaloup
Mangue
Orange
Pamplemousse
Citron
Pêche
Papaye
Tomate
Maïs
Carotte
Patate douce
Courges

Blanc

  • Anthoxanthines
  • Propriétés antibactériennes et antifongiques
  • Meilleure santé cardiovasculaire
  • Réduction du risque de cancer
  • Renforcer le système immunitair

Ail
Oignon
Oignon vert
Poireau
Échalote

Bleu et violet

  • Anthocyanines
  • Composés phénoliques
  • Réduire les risques de maladies cardiovasculaires
  • Réduction du risque de cancer
  • Ralentir le vieillissement

Bleuets
Aubergine
Cerise
Cassis
Groseille
Raisin rouge
Mûre
Figue mauve
Canneberge

Autres polyphénols
(sans pigment particulier)

  1. Resvératrol
  2. Catéchines
  3. Quercétine
  • Réduire les risques de maladies cardiovasculaires
  • Réduction du risque de cancer
  • Ralentir le vieillissement

Vin rouge (pinot noir et cabernet sauvignon)
Arachide et beurre d’arachides

Thé vert
Thé noir

Câpres
Piment fort
Cacao et chocolat noir
Oignon rouge Bleuets
Cassis
Pomme (avec la peau)
Brocoli

Antioxydants et cancer

Il faut d’abord savoir en quoi consiste le cancer pour mieux comprendre l’importance des végétaux et leurs précieux antioxydants dans l’organisme. Le cancer est un dérèglement des cellules de l’organisme qui, une fois affectées, ont la capacité d’envahir les cellules avoisinantes et ainsi, de se répandre dans les tissus de l’organisme. Ces cellules sont latentes dans l’organisme, ce qui signifie que tout être humain porte des cellules cancéreuses qui dorment et qui peuvent devenir mutantes d’un moment à l’autre au cours de l’existence. Les mauvaises habitudes de vie contribuent au risque de voir les tumeurs devenir matures, dont une alimentation pauvre en nutriments issus des végétaux.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que les aliments, principalement les fruits et les légumes, constituent une source importante d’agents anticancéreux, étant dotés de molécules pouvant interférer dans le développement des cancers et favorisant la régression des microtumeurs. Certains composés phytochimiques antioxydants permettent de neutraliser l’oxydation (stress oxydatif) et les radicaux libres (produits par l’organisme et par l’environnement extérieur – pollution, produits chimiques, poussière, etc.) qui contribuent au développement des cellules cancéreuses.

Pour résister aux attaques des vermines, insectes, bactéries, champignons et animaux sauvages, les végétaux se dotent naturellement d’un système de défense (production de gaz, molécules odorantes ou astringentes) qui tend à répulser les agresseurs afin d’assurer la survie de l’espèce. Toxiques pour eux, mais bénéfiques pour nous. En effet, ces mêmes composés responsables de la répulsion naturelle des agresseurs sont précisément les composés phytochimiques qui nous sont bénéfiques, agissant comme des antioxydants naturels. D’ailleurs, près de la moitié des médicaments en chimiothérapie utilisés aujourd’hui sont directement issus des plantes et de leurs précieux composés.

Alimentation type pour prévenir le cancer

Une alimentation variée et colorée constitue une bonne façon de faire le plein d’antioxydants. Il est aussi bon de noter que parmi le règne végétal, ces fruits et légumes jouissent du plus haut taux d’antioxydants :

Top 20 des aliments à plus grande capacité antioxydante totale

Source : Département d’agriculture des États-Unis - mise à jour des valeurs ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity ), ou capacité antioxydante de 277 aliments fréquemment consommés aux États-Unis.

La nutrathérapie selon le Dr Richard Béliveau

Le Dr Richard Béliveau, dans son ouvrage Les Aliments contre le cancer, suggère un régime alimentaire optimal afin de réduire considérablement les risques d’être atteint d’un cancer. Modifier ses habitudes de vie en intégrant religieusement ces aliments pourrait se traduire par une prévention accrue contre la prolifération des cellules cancéreuses.

Si l’inclusion de certains aliments est à considérer, il ne s’agit là que d’une partie de l’équation. Encore faut-il aussi retirer certains aliments de l’alimentation qui, eux, favorisent la propagation des cellules cancéreuses.

Aliments à proscrire

  • Aliments frits
  • Aliments grillés (viandes carbonisées)
  • Aliments marinés en conserve (agents de conservation nuisibles)
  • Aliments fumés (agents de conservation nuisibles)
  • Aliments transformés

Aliments à privilégier sur une base quotidienne (apport conseillé)

Source: Les Aliments contre le cancer

Bienfaits de l’alimentation contre le cancer

Les aliments, principalement les végétaux, constituent une source abondante d’agents anticancéreux, étant dotés de molécules responsables pouvant interférer dans le développement des cancers et favorisant la régression des microtumeurs. Certains composés phytochimiques antioxydants (souvent appelés seulement « antioxydants ») permettent de neutraliser l’oxydation (stress oxydatif) et les radicaux libres (produits par l’organisme et par l’environnement extérieur – pollution, produits chimiques, poussière, etc.) qui contribuent au développement des cellules cancéreuses.

En outre, les végétaux ont des effets anticancéreux, immunomodulateurs (renforce le système immunitaire), anti-inflammatoire, en plus de favoriser le métabolisme par une baisse significative de l’apport calorique, résultant en une réduction des risques d’obésité.

Origine du concept de l’alimentation contre le cancer

Contrairement à la croyance populaire, le cancer n’est pas une nouvelle maladie. L’histoire relate qu’on connaît le cancer depuis l’Antiquité, notamment des Égyptiens, et qu’à cette époque, on parvenait déjà à le diagnostiquer et même de différencier une tumeur maligne d’une tumeur bénigne.

Un archéologue allemand nommé Ebers fut le premier à découvrir un écrit ancien qui traitait de la méthode de diagnostic et de traitement du cancer chez les Égyptiens, qui était, selon les croyances populaires, l’œuvre des dieux. Cette découverte a été effectuée en 1873. On y apprenait entre autres que le traitement du cancer préconisé à l’époque égyptienne était la cautérisation.

Plus près de nous, au 19e siècle, l’hormonothérapie constituait le traitement de prédilection du cancer et pouvait même contribuer à sa prévention.

Il fallut attendre une multiplication des cas de cancers dans les années 1980 pour que la société moderne se penche davantage de ce fléau. Entre 1980 et 2005, les cas de cancers ont quadruplé dans le monde occidental. C’est depuis quelques années seulement que l’on se penche plus particulièrement sur la nutrathérapie – l’alimentation prévention – comme traitement préventif du cancer.

Sources et références

Béliveau, Richard et Denis Gingras. Les aliments contre le cancer. Trécarré, Montréal, 2005.

Béliveau, Richard et Denis Gingras. La santé par le plaisir de bien manger. Trécarré, Montréal, 2009.

Berner, Mary et coll. Alimentation prévention. Sélection du Reader’s Digest, Montréal, 2010.

Causse, Céline. Les secrets de santé des antioxydants. Baud, St-Laurent-du-Var, 2005.

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Organisation mondiale de la santé. Prévention du cancer. [Page consultée le 1er février 2012.] http://www.who.int/cancer/prevention/fr/

Oxygen Radical Absorbance Capacity (ORAC) of Selected Foods – 2007. [Page consultée le 1er février 2012]. www.ars.usda.gov

Passeport Santé. Nutrition : Pouvoir antioxydant. [Page consultée le 1er février 2012.] http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/DocumentsReference/Document.aspx?doc=indice_tac_nu

Rodriguez, Judith C. À chacun son régime ! Les Éditions de l’homme, Montréal, 2009.

Santé et Services sociaux Québec. Éléments nutritifs : antioxydants. [Page consultée le 1er février 2012.] http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/santepub/nutrition/index.php?liens_utiles

Société canadienne du cancer. Statistiques sur le cancer. [Page consultée le 11 janvier 2012.] http://www.cancer.ca/Quebec/About cancer/Cancer statistics.aspx?sc_lang=fr-CA

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Van Straten, Michael et Barbara Griggs. Les Superaliments pour rester en santé. Broquet, Ottawa, 2006.

Mode de vie anti cancer. Histoire du cancer. [Page consultée le 2 février 2012.] http://www.modedevieanticancer.com/histoire-du-cancer.asp

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